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Rééducation : Recul et équilibre

Jacob Simonsen décrit dans cette série d'articles ses hauts et bas de rééducation, alors que le détenteur du record danois sur 10 kilomètres, semi-marathon et marathon se remet d'une surcharge. Ceci est le deuxième article de la série.

Revenir à la course après une blessure, c'est comme retrouver une partie de soi-même. C'est à la fois euphorique et dangereux. Euphorique, car le corps se souvient de ce que c'est de se mouvoir librement et puissamment. Dangereux, car la joie peut rapidement masquer les avertissements du corps – et on peut devenir trop enthousiaste. Cet équilibre est précisément celui dans lequel je me trouve actuellement.

Mon retour a commencé après une réaction de stress au fémur – une blessure de surcharge nécessitant une pause totale de course. Les trois premières semaines se sont passées sans un seul pas de course. À la place, je me suis assis sur le vélo, construisant prudemment le système cardiovasculaire et la force, sans solliciter la zone blessée. C'était frustrant – je voulais sortir. Mais c'était nécessaire. Le corps avait besoin de repos.

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Premiers pas, avec et sans aide

Ensuite, j'ai lentement repris la course sur Alter-G – un tapis roulant qui réduit la charge en "soutenant" une partie de votre poids corporel. C'était un immense soulagement. Pour la première fois depuis des semaines, je pouvais ressentir à nouveau le mouvement de la course, mais sans la charge complète.

J'ai progressivement augmenté le poids et la distance, jusqu'à ce que je puisse enfin faire mes premiers pas à l'extérieur. D'abord de courtes sorties, contrôlées, calmes. Mais ensuite – soudainement – cela a commencé à ressembler à une vraie course. J'ai réussi à faire quelques bonnes sessions, où tout semblait léger, naturel... Pourrais-je être de retour ?

Et puis le revers est arrivé.

Patience à long terme

Ce n'était pas un grand revers – heureusement. Mais suffisant pour me faire ralentir à nouveau. Suffisant pour me rappeler à quel point la ligne est fine sur laquelle on équilibre en rééducation. Car vous voulez tellement recommencer – surtout lorsque les objectifs vous attendent. C'est un véritable défi d'être bon à écouter son corps, surtout quand on sent qu'on est enfin sur la bonne voie. Quand on se sent presque guéri, presque prêt.

Mais j'ai appris – et j'apprends encore – que c'est dans ces moments que vous gagnez ou perdez le long terme. C'est là que vous décidez si vous voulez avancer sérieusement, ou juste vous déplacer temporairement. Car si vous poussez et ignorez les signaux, vous risquez de revenir complètement au début. Et ça n'en vaut pas la peine.

En ce moment, je suis un peu en retard par rapport à mon plan initial. Mais je suis toujours en chemin. Le parcours n'est pas linéaire – il est en zigzag, rempli de petites victoires et de reculs nécessaires. Et le plus important est que je continue d'avancer. Pas seulement vers courir à nouveau – mais vers courir fort et durablement à nouveau.

Il ne s'agit pas seulement de revenir rapidement. Il s'agit de revenir correctement.

 

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