Article

Coureur d'élite Jacob Simonsen : Comment je gère mentalement les kilomètres difficiles

Que faire quand la course est dure et que le corps veut s'arrêter ? Lisez les réflexions de Jacob sur l'évasion, le doute et les petits pas qui font la différence.

Dans cet article, le coureur d'élite Jacob Simonsen met des mots sur ce que beaucoup de coureurs connaissent mais évoquent rarement : ce qui se passe mentalement quand le corps veut s'arrêter et ce qu'il faut pour continuer malgré tout. Jacob détient notamment le record danois du marathon et du semi-marathon.

La course est plus que physique


Quand on me demande ce qui est le plus important dans le marathon, on s'attend souvent à ce que je parle de VO2-max, de kilométrage ou de physiologie. Et bien sûr, cela compte. Mais plus j'avance dans le sport, et plus je cours de marathons, plus je suis convaincu que le mental est tout aussi crucial que le physique. Le physique te donne la capacité, mais les aspects mentaux déterminent si tu peux courir à ton plein potentiel. Pour moi, le mental dans la course d'élite ne consiste pas à être intrépide ou constamment motivé. Il s'agit plutôt de naviguer dans la pression, le doute, la fatigue et les attentes.


Une des choses les plus importantes que j'ai apprises est la capacité à se concentrer sur ce que je peux contrôler. Pendant un marathon, mille choses peuvent mal tourner, et autant de pensées traversent l'esprit. Le corps fait mal, le temps change, et le rythme semble soudain trop dur. Si on commence à penser trop loin ou à analyser toute la situation en pleine course, cela peut rapidement devenir mentalement accablant.


C'est pourquoi j'essaie souvent de rendre cela très concret : prochaine station d'eau, prochain kilomètre, garder le rythme, suivre le groupe. Le travail mental devient ainsi presque pratique. Au lieu de penser à toute la course, je pense à mon prochain objectif partiel.

 


La force mentale, c'est aussi savoir dire non


En même temps, je constate aussi que la course peut être l'opposé du contrôle. Beaucoup de mes meilleures courses sont celles où les pensées peuvent couler librement. Où je ne pense pas aux études, au travail ou aux plans. La course a été pendant de nombreuses années un espace de liberté pour moi. Un endroit où l'esprit peut trouver la paix. Je pense que c'est important d'en parler davantage. Le sport d'élite est souvent présenté comme quelque chose d'extrêmement intense tout le temps, mais la force mentale concerne aussi la récupération. Savoir se déconnecter. Si on est constamment mentalement "allumé", on s'épuise tôt ou tard.


J'ai aussi appris que le sport d'élite exige des compromis. J'ai essayé de combiner la vie de coureur d'élite avec des études de médecine et la vie de famille, et cela signifie honnêtement qu'on ne se sent jamais parfait dans tout. Il y aura toujours quelque chose qu'on ne peut pas pleinement prioriser. Cela peut être mentalement difficile, car on ressent constamment ce qu'on manque. Mais je pense qu'une grande partie du travail mental consiste à accepter cela. Comprendre qu'on ne peut pas être à 100 % partout en même temps. Savoir prioriser et planifier devient ici un facteur important.


Pour moi, cela a signifié que je devais être très conscient de la façon dont j'utilise mon temps et mon énergie. Quand on combine le sport d'élite avec des études et la vie de famille, le quotidien ne fonctionne pas sans structure. Entraînement, récupération, études et relations sociales doivent être constamment équilibrés, et certaines périodes exigent qu'on priorise une chose plus qu'une autre. Ce n'est pas toujours facile, car on a souvent l'impression qu'on devrait pouvoir faire plus. Mais j'ai appris qu'on ne peut pas bien performer nulle part si on essaie constamment de tout faire parfaitement en même temps. Parfois, la force mentale consiste donc aussi à accepter ses limites et à oser renoncer à quelque chose.

“Le sport d'élite est souvent présenté comme quelque chose d'extrêmement intense tout le temps, mais la force mentale concerne aussi la récupération”

 


Tous les coureurs (d'élite) doutent – moi aussi


Une des choses les plus difficiles mentalement est sans aucun doute les blessures. Quand le corps ne fonctionne pas comme on l'attend, le doute s'installe rapidement. Pas seulement sur la forme, mais sur tout le processus. J'ai vécu des périodes où l'incertitude prenait plus de place que la blessure elle-même. Pour moi, cela aide de créer de la clarté. D'avoir un plan. De se concentrer sur la prochaine étape plutôt que sur tout ce qu'on craint plus loin. Sinon, les pensées peuvent vite prendre le dessus.

Je pense généralement que beaucoup de gens comprennent mal la force mentale dans le sport d'élite. Il ne s'agit pas de ne jamais être fatigué ou incertain. Tous les athlètes d'élite doutent. Tous ont des périodes sans surplus d'énergie. Mais la persévérance et les petits pas peuvent aider à traverser ces moments.


De cette manière, la course ressemble beaucoup au reste de la vie. On ne contrôle pas tout. Mais on peut travailler sur son approche. Pour moi, le mental dans la course d'élite n'est donc pas une qualité particulière. C'est la somme de nombreuses petites choses : discipline, patience, flexibilité et capacité à s'accrocher à quelque chose sur le long terme. Même quand cela devient difficile.

 

Prêt pour ta prochaine grande course ?

Si tu te prépares pour ta prochaine grande course, tu trouveras ici programmes de course , qui peuvent t'aider sur le chemin. Si tu veux plutôt mettre à jour ton équipement, tu peux jeter un œil à nos   chaussures de compétition , vêtements de course et produits de récupération , qui t'accompagnent jusqu'à la ligne d'arrivée.

 

 

Articles populaires

Select language